Les Billets d'Aurélie - TNS, 2015

LE GARÇON GIRAFE

Texte : Christophe Pellet

Mise en scène : Anne Théron

 

Avec les élèves de 2ème année de l'école du TNS

Jim/Lucas : Romain Darrieu

Norman/Le Garçon à l'imperméable/Nils : Rémi Fortin

Lucie : Johanna Hess 

Nathalie : Maud Pougeoise

Clarisse : Blanche Ripoche

Julien : Adrien Serre

 

Assistante à la mise en scène : Aurélie Droesch (Élève en 1ère année - TNS)

Scénographe / costumière : Heidi Folliet

Régisseur son : Sébastien Lemarchand

Régisseuse lumière / régisseuse générale : Julie Roëls

 

 

Création au TNS

Répétitions : du 5 janvier au 6 février 2015

Représentations : Les 7, 8 et 9 février 2015




PREMIÈRE SEMAINE : du 5 au 9 janvier 2015


Lundi 5 janvier. Départ pour l’aventure.

Neuf heures du matin. Dans la salle de la Petite Scène, l’humeur est au changement. Des piles de praticables sur deux chariots à roulettes, un gradin sous balcon qui se voit entièrement démonté. Les régisseurs ainsi que Roland, Sophie, Gregory, Pierre mais aussi quelques scénographes s’affairent, démontent et emmènent le tout ailleurs, dans les dessous du théâtre et de l’école.

Avec Anne, le temps est à la discussion. Assises à notre table de « mise en scène » sur le plateau de la Petite Scène, nous reparlons notamment de quelques passages de la pièce. Notre discussion fait écho à la soirée de la veille. Nous abordons les questions de la taille des comédiens, de leurs corps, de comment ça parle et qu’est-ce que cela nous dit. Mais aussi jusqu’où va leur demander d’aller Anne dans le rapport au corps, à l’Autre. L’idée principale est celle de la sensualité. A mon sens, cette notion ne va pas sans celle du sentiment au sens où l’entendais Jouvet. Qui ne va pas sans cette phrase de Anne : « Ne pensez pas mais sentez. »

Je crois que c’est la problématique essentielle de cette pièce. Les personnages agissent comme ils le font car ils ne pensent pas réellement à la portée de leurs actes et de leurs paroles mais sentent, ressentent quelque chose et ne peuvent s’empêcher de le répercuter dans leurs comportements et leurs paroles ultérieurs.

 

Quatorze heures. Rendez-vous avec les comédiens pendant que les régisseurs continuent de préparer la Petite Scène. Grande discussion sur les exigences du texte et du jeu que celles-ci impliquent, sur les questions de nudité et de sensualité. Mais aussi sur les personnages de la pièce, comment les comédiens envisagent le parcours de leur(s) personnage(s), qu’est-ce qu’ils perçoivent des rapports entre-eux.

L’IMPORTANT EST DE METTRE DE L’AMOUR DANS LEURS RELATIONS

Pour certains comédiens, il est difficile d’envisager des considérations amoureuses entre les personnages dans la constitution de la pièce. J’ai le sentiment que cette pièce nécessite une forme de complexité dans notre manière de l’envisager, dans son traitement aussi, c’est-à-dire de ne pas s’en tenir à ce que les personnages veulent faire croire mais percevoir ce que leurs relations sous-tendent.

Chacun des comédiens en vient à parler de son personnage, de sa vie, d’où il vient, de ce qu’il aime, de son caractère aussi. Ces mots, ces paroles sont guidés par les différentes informations disséminées dans le texte, ensuite regroupées pour former un « parcours » de personnage.

Parce que Anne vient du cinéma, les influences cinématographiques ne sont jamais bien loin.

« Si vous deviez choisir un acteur pour jouer votre personnage, ce serait qui ? »

Shia Leboeuf, Jesse Eisenberg, Cécile de France, et bien d’autres sont invités à notre table. Romain fait aussi référence aux larmes de Mathieu Bastareaud un rugbyman du club de Toulon à la sortie d’un match.

Puis vient le moment de la lecture. Quelques indications de Anne sur la manière de lire : écouter l’Autre implique de se « glisser » dans ses fins de phrases, d’en saisir les intonations pour soi-même prononcer la phrase suivante. C’est cela, être avec l’Autre.

Une heure dix-huit de lecture. Anne fait quelques retours. Je sens que les variations à l’intérieur du texte commencent à venir, à être perceptibles. Il y a de très beaux moments de sincérité, de lâché prise. Ce sont précisément ces instants de lâché, de perte de sérieux qui sont beaux. Je suis agréablement, non pas surprise mais séduite, par la capacité des six comédiens à sentir rapidement les choses. Techniquement ils maîtrisent l’exercice de la lecture mais en plus, il y a de vrais instants de grâce où leur parole fait exploser la spontanéité du sentiment.

C’est le coeur conquérant que je ressors de cette journée.


©Aurélie Droesch
©Aurélie Droesch

 

Mardi 6 janvier. Mise en confiance. Liberté de la parole.

Scène par scène, nous repartons pour une lecture mais cette fois avec plus de retours, de directions données. Doucement, la trajectoire se trouve, s’amorce, se précise quelque peu. Il y a de belles intuitions, de beaux moments de grâce. De belles prises de liberté, une forme d’appropriation aussi par les comédiens. Les relations deviennent concrètes entre les personnages, il y a quelque chose de sensible, de puissant qui sous-tend la lecture. J’ai le sentiment que les armes commencent à se faire. L’intelligence du texte.

La complexité arrive, en courant. Ce n’est définitivement pas un texte facile, simple, bateau, niait. Il se cache peut-être sous certains de ces adjectifs mais il n’en est rien.

LE PLUS IMPORTANT N’EST PAS LE TEXTE MAIS CE QUI SE DIT GRACE A LUI.

Il y a ce sentiment qui m’est venu au cours de la lecture, et que j’ai d’ailleurs noté sur mon carnet : JE SUIS IMPRESSIONNEE. Impressionnée par Anne, par les comédiens et leur aisance dans le texte et leurs paroles d’Hommes. C’est sans doute pour cela que je ne parle que très peu. Je note beaucoup mais parle peu. J’apprends à écouter dans cette école et je crois que Le Garçon girafe m’apprend cela aussi. Je vois, sens, ressens, suis traversée par.

Waiting for the stage. Tomorrow.

 

               

Mercredi 7 janvier. Embarquement immédiat. Premier jour de plateau.

C’est drôle parce qu’il s’agit du seul jour où je n’ai pas écrit le jour même, ni le lendemain ce que j’avais vécu de cette journée et je ne suis plus capable d’en parler. Je ne sais pas.

Cela coïncide avec la nouvelle que j’apprends : l’attentat au siège du journal Charlie Hebdo. Je sens une atmosphère étrange toute la journée même si je n’apprends les faits officiellement qu’en milieu d’après-midi. Dix-huit heures trente, nous nous rendons Place Kléber dans un rassemblement silencieux ponctué de temps à autre par des applaudissements ou des chants. Je ne comprends pas trop l’ampleur du massacre. L’attentat.

Je ne vais comprendre/ressentir/saisir que plus tard.

Et malgré toutes les polémiques, je dis que NOUS SOMMES TOUS CHARLIE. Parce que cette phrase est bien plus grande, bien plus signifiante que les quatre mots qui la compose.

 

 

Jeudi 8 janvier. Arrivée le matin pour un check-up technique.

Heidi nous présente ses propositions en terme d’affiches de fond : les quatre ciels qui seront sur les quatre fenêtres. Grande discussion avec Julie et Sophie pour choisir la teinte. Trop foncé ou trop clair, cela change beaucoup de choses concernant l’éclairage de ces affiches. Et puis il faut aussi choisir le type de ciel : les nuages, leur placement, l’évolution sur les quatre images.

Anne, Sébastien et moi nous rendons au studio son pour écouter les propositions sonores et tenter de définir ce qu’il serait judicieux de mettre comme son pour les différentes scènes de la pièce.

The Cure, Chinawoman, valse. Et puis du vent, de la mer, du souffle, etc. Comme dit Anne, un son est rarement intéressant seul, ce qui est intéressant c’est avec quoi tu le mixes. Sébastien essaye donc de superposer par exemple des cris d’enfants avec un son de mer en fond. C’est beau, ça donne du relief, de la consistance. Cela dessine un paysage.

Plateau. Comédiens. Nous reprenons là où nous nous sommes arrêtés la veille.

Deuxième Partie.

De belles choses se profilent. Des directions sont en train de se trouver, des directions de personnages. Chez Julien par exemple commencent à émaner des lignes de force. Les voix se posent un petit peu plus. Il y a de vrais jaillissements. Des intuitions, des spontanéités qui germent et qui font beaucoup de bien à voir. Les comédiens se laissent peu à peu emporter par la vague Théron et j’ose espérer sans trop me tromper qu’ils parviendront à surfer dessus avec agilité, intelligence et réflexion.

Concernant mon travail, je dois dire que cela n’est pas aisé. Du tout. Je suis la mémoire de Anne concernant tous les éléments de la pièce. Qu’il s’agisse des acteurs, de la scénographie, des costumes, des accessoires, du son, de la lumière. Et en même temps, il me faut être disponible et suffisamment éveillée pour lui donner du biscuit en termes d’idées et de propositions, notamment au plateau.

J’apprends. J’apprends beaucoup et dans une difficulté première qui est celle du plongeon. Un plongeon de trente mètres avec une toute petite tâche bleue en dessous de moi. Qui se rapproche. Qui se rapproche.

 

 

Vendredi 9 janvier.

Ce matin. Point avec Sébastien sur d’éventuelles propositions sonores entre les scènes mais aussi à des moments précis. Des rencontres entre les personnages ponctuées de sons minimaux : une cuillère dans une tasse à café, un bruit de vent, etc.

Je sens que toute cette effervescence, ces demandes pressantes/accrues de Anne produisent chez lui une certaine tension, une pression. Nous découvrons tous le métier, la fonction que nous avons auprès de Anne avec plus ou moins de bagages derrière nous. Sa grande exigence nous met dans une situation de dynamisme qui se doit d’être optimum ou en tout cas, efficace.

                L’après-midi, nous continuons à travailler les scènes au plateau. Beaucoup de calages techniques. Le filage à dix-sept heures trente est dans toutes les têtes et il s’agit de bien se souvenir des déplacements, des différents « tops » lumière et son ainsi que des quelques indications de jeu déjà évoquées lors des répétitions précédentes.

J’ai l’impression d’être deux jours avant la Première ! L’ambiance générale n’en est pas loin.

Dominique nous fait le plaisir d’assister à ce filage.

Il est très bien. Ce filage. Je dois dire que je suis fortement surprise (même si j’étais loin de douter de la capacité des comédiens) par la qualité. Je saisis des éléments, des rapports entre les personnages, entre les scènes qui deviennent plus clairs. Il y a des parcours, des trajectoires individuelles qui se dessinent au plateau, qui prennent corps. Cela me fait du bien de les voir jouer. Je comprends aussi les endroits, les articulations à travailler en profondeur, à revoir. Le ciel s’éclaircit quelque peu. Avec joie.

 

Aurélie Droesch

Assistante à la m-e-s

 

 


DEUXIÈME SEMAINE : du 12 au 17 janvier 2015


Lundi 12 janvier.

Dix heures du matin. Rendez-vous chez Anne avec Heidi pour discuter de la scénographie et des costumes. Croissants, café. Du chaud physique rapidement complété par le chaud artistique. Séduite par les idées de costumes. Heidi a fait de grosses recherches par personnages et nous présente croquis et photos. D’un coup, les personnages prennent une autre consistance. Je commence à les imaginer en tenues, je vois les corps de nos comédiens embellis/accentués/renforcés par des costumes qui, de surcroît, balayent les trois grandes époques de la pièce : les années quatre-vingt, quatre vingt-dix et le début du vingt et unième siècle.

Cela me fait réellement plaisir de voir cela, l’enthousiasme d’Heidi et d’assister à sa présentation, d’avoir ses explications.

Forte de l’expérience du filage de vendredi, Anne fait quelques retours aux comédiens l’après-midi. Puis nous ré-attaquons la conduite de la pièce en abordant les scènes qui se passent sur le balcon de la salle, c’est-à-dire toutes les scènes de Julien dans la chambre d’hôtel, dans la Troisième et dernière Partie de la pièce. C’est du calage. C’est technique. Il faut être réactif, méthodique et surtout, avoir bien à l’esprit la question de la visibilité du spectateur qui est loin d’être optimale.

L’idée de cette après-midi est de continuer dans l’ordre des scènes, d’aller le plus loin possible dans la Troisième Partie.

Ça tâtonne mais ça fonctionne. Clarisse commence à se poser, à prendre le temps, à prendre du poids et de la masse. Pour un premier baptême au plateau, Nils est étonnamment convainquant. Il s’agit bel et bien de trouver la voix et l’état de corps du personnage. Je l’entends, l’apprends et le retiens.

Lucas est trop gentil, trop doux. Je crois qu’il faut le salir un petit peu. Il y a une vraie proximité à trouver entre Lucie et lui, un rapport, un lien, une sensualité. Tout le charnel de leur relation, teintée de naïveté et - en contre-point - de salissure induite par Lucas.

Nathalie n’a pas parlé aujourd’hui mais j’aime son regard dans le « hors-champ », j’ai aimé sa droiture de corps, sa posture, son œil vif.

Dix-neuf heures. Les comédiens sont libres. Encore un petit peu de travail avec Johanna sur la chanson Partygirl de Chinawoman qu’elle chante entre la Deuxième et la Troisième Partie. Je crois vraiment que le principal problème réside dans le regard. Son imprécision, son côté fuyant et timide aussi font perdre de la force, du pouvoir et la capacité d’envahissement de l’espace de cette jeune femme en robe rouge et en escarpins. Très belle.

Toutes les phrases ne sont pas investies. Certaines manquent de grain, de rugueux, d’engagement et parfois même de voix, tout simplement. A contrario, certains mots sont sur-amplifiés. Il y a un équilibre à trouver, je ne me fais aucun souci. Johanna a la présence, le regard, la voix, et tout ce qu’il faut pour trouver le bon chemin. La bonne attaque.

Puis nous voyons les questions de son avec Sébastien qui me semble plus apaisé. Je crois vraiment que le filage de vendredi a contribué à son regain d’idées, de confiance ?

Journée intense. J’ai la tête, l’esprit endolori.


©Aurélie Droesch
©Aurélie Droesch

 

Mardi 13 janvier. Matin. Atelier costumes d’Illkirch avec Heidi et Anne.

Nous cherchons les costumes pour Clarisse, Nathalie et Julien. Les vêtements volent, s’essaient, s’enfilent, s’enlèvent. Beaucoup de propositions. Les couleurs, les matières, les coupes sont importantes. Il s’agit en effet des trois personnages qui évoluent sur les trois époques de la pièce. Être juste dans le choix et dans la concordance par rapport aux autres personnages.

J’apporte mon aide du mieux que je le peux en donnant quelques avis, en faisant des remarques sur les assemblages de vêtements. Je comprends aussi que tout cela est bien subjectif.

Anne a de vrais coups de cœur sur certains costumes ou, a contrario, n’en aime pas du tout d’autres. Je ne partage pas toujours ses avis mais c’est dans ces moments aussi que je réalise l’apport personnel du metteur en scène. Il y met beaucoup de lui.

L’après-midi, retour à la Troisième Partie avec les comédiens. Il y a une vraie relation à trouver entre Nils et Clarisse. L’adolescent boudeur et dur qu’est Nils n’est pas assez présent même si le tempérament du personnage apparaît de temps à autres, en filigrane. Bien entendu, la principale difficulté pour Rémi est de bien marquer les nuances entres ses trois personnages que sont Norman, Le Garçon à l’imperméable et Nils. Comme le dit Anne, ces nuances sont à trouver dans la voix, dans le ton essentiellement mais aussi dans l’état de corps. Le Garçon à l’imperméable a froid, il est poings serrés, son accablement est celui de l’enfer de la rue. Chez Nils en revanche, le corps raide, et dur est lié à son état anorexique. Je crois que ce personnage a froid précisément en raison de cette anorexie, d’un corps qui ne fait plus barrage, qui n’arrive plus à se protéger. Le ton de Nils est sec, teinté d’ironie, blessant. Blessé.

Il y a de vrais moments de grâce, notamment sur l’une des scènes entre Lucas et Nils. Lucas a une vraie fragilité, une forme de beauté tout à fait surprenante. C’est drôle car ce n’est pas vraiment le personnage qu’Anne imaginait et moi non plus d’ailleurs. Cela veut dire que les comédiens s’approprient les personnages : sans les tirer à eux, ils les teintent de subtilité, de complexité aussi.

Des scènes sont encore à trouver, notamment la grande scène entre Clarisse et Nathalie où le ton et le rapport ne sont pas encore tout à fait inventés, mais je sens que cela vient.

Quant à Lucie, elle a une belle singularité. Surprenante. Elle a trouvé quelque chose dans le corps, dans les jambes et puis aussi dans la voix.

 

 

Mercredi 14 janvier.

Le lendemain. Retour aux ateliers costumes, cette fois avec Norman, Le Garçon à l’imperméable, Nils, Jim, Lucas et Lucie. Quand à Anne, elle s’occupe du son avec Sébastien au TNS. Je passe donc la matinée avec Heidi et les comédiens, nous trouvons beaucoup de costumes mais aussi quelques chaussures et accessoires. Les personnages apparaissent, se révèlent sous leurs vêtements. Cela me donne très envie de les voir au plateau.

L’après-midi nous filons toute la Troisième Partie. Nous commençons à nous attacher aux détails. Aux moments de bascule, de cassure, à ce qui casse la linéarité. Dans la première scène entre Lucas et Nils par exemple, la proposition de Romain de jeter le journal aux pieds de Nils est une vraie plaque tournante : à partir de cet instant, tout devient absolument violent dans la scène, et ne cesse de s’amplifier de manière tragique.

 

 

Jeudi 15 janvier. Voix off.

Nous prenons la matinée avec Anne, Sébastien et Johanna au studio son pour enregistrer toutes les parties qui seront en voix-off. Notamment les scènes de Julien au balcon dans la Troisième Partie. Ce n’est vraiment pas évident de diriger un comédien au micro. Avec Anne, nous aidons Johanna à trouver la voix juste, les intonations. Nous faisons de nombreux essais, les écoutons, les réécoutons … Au bout d’un moment, il nous faut s’arrêter. En effet, les scènes à dire sont très courtes et nous sentons bien que Johanna s’épuise. Parfois nous la faisons recommencer pour une petite variation de ton.

Nous avons suffisamment de matière pour la libérer et faire nos choix.

Puis nous faisons quelques prises de sons : je fais tourner une cuillère dans une tasse ou verse de l’eau dans un verre puis bois. Ce sont des sons qui seront insérés lors de certaines scènes au café.

 

 

Vendredi 16 janvier. Matin. Travail plus individuel avec certains comédiens.

Pendant une heure, Anne et moi travaillons avec Rémi sur quelques scènes de Norman et du Garçon à l’imperméable, des scènes encore bancales et dans lesquelles la voix reste à poser. La scène de « la crème anti-âge » avec Julien à la fenêtre, dans la Première Partie par exemple est complexe. Le rythme s’accélère progressivement et il faut absolument veiller à ce que le texte soit non seulement audible mais aussi intelligible. Plus qu’un travail de jeu, c’est un travail de voix que nous faisons ce matin. Puis, pendant que Anne retrouve Johanna pour répéter les scènes qu’elle dira en direct au micro, je rejoins Maud et Blanche pour les aider à travailler la grande scène de la Troisième Partie entre Nathalie et Clarisse. Nous prenons le temps d’avancer à notre rythme dans la scène, de travailler lentement, pas à pas, de s’arrêter, de reprendre. Elles font de belles propositions. Nous ne filons pas toute la scène mais travaillons surtout le début, l’attaque.

Quatorze heures. Travail sur la scène au café entre Norman et Julien. Cela vient ! Julien gagne en poids, en caractère, en calme. Les phrases sont beaucoup plus posées, adressées. Le contraste avec l’excitation/la dispersion/les questionnements incessants de Norman n’en est que plus intense/visible/pertinent. La substance est là.

La chanson Partygirl commence à gagner en force. Néanmoins, je crois qu’il faut encore chercher la part créative de Johanna sur cette chanson. L’objectif n’est pas de faire un playback, ni de poser sa voix sur celle de la chanteuse. Il s’agit pour Johanna de trouver sa fibre, sa patte à elle. Alors elle tente/essaye des choses: des notes plus aigües, des transformations. Lorsqu’elle aura trouvé, je suis certaine que ce moment sera incroyable.

Soir. Filage des deux premières parties. Une heure treize de spectacle pour l’instant. Anne fait ses retours aux comédiens puis je fais les miens. Cela se complète, nous partageons les mêmes sentiments même si nous n’avons pas les mêmes mots. J’aime parler aux comédiens. J’aime m’adresser à eux, leur faire part de ce que j’ai perçu/vu/retenu/senti dans leurs scènes et chercher avec eux.

 

 

Samedi 17 janvier. Fin de matinée, travail à la table avec Anne et Sébastien.

Nous reprenons la pièce scène par scène pour se mettre d’accord sur les différentes ambiances. Nous calons aussi la technique c’est-à-dire la durée des sons, les « tops » pour les lancer, etc.

Midi, début de la répétition.

Troisième Partie.

J’ai le sentiment que c’est la partie qui fonctionne le mieux. La plus complexe est sans doute la Deuxième Partie. Je suis vraiment emballée par ce que proposent les comédiens. La première scène entre Lucie et Lucas est en très bonne voie. Encore une fois, il suffit que les comédiens prennent le temps et c’est tout de suite beaucoup mieux. Le temps de poser le regard, de jouer avec l’Autre, de voir aussi ce qu’il se passe autour de soi. Cette scène se passe dans un parc et aujourd’hui, j’ai vraiment vu le parc et les deux jeunes gens qui s’y promenaient.

Une grande émotion m’a envahi dans la grande scène entre Nathalie et Clarisse. C’est vraiment beau. L’endroit a été trouvé, l’endroit juste, l’endroit du JEU.

Lucas et Nils sont hallucinants dans leur rapport. Ça fonctionne, c’est indiscutable. Tout est maintenant question de précision, d’ajustement mais l’essence de la scène est là.

QUEL BONHEUR

La semaine s’achève donc en ce samedi soir. Je suis épuisée et c’est peu dire. Mon rythme interne mais aussi au sein de l’équipe commence à se trouver. C’est réjouissant. J’ai la sensation d’avoir trouvé la porte d’entrée. Pour entrer. Pour oser. Pour m’exprimer aussi.

Je crois de plus en plus en cette pièce, en ce que nous faisons. Et puis, le plus important, je sens que j’apprends. Fort. Ardemment. Sur les Autres et sur moi. Mon champs de vision s’ouvre et je sais que je vais ressortir de ce projet avec pas mal de cartouches.

A L’ATTAQUE !

 

Aurélie Droesch

Assistante à la m-e-s

 

 


TROISIÈME SEMAINE : du 19 au 23 janvier 2015


Lundi 19 janvier. Pas de répétition aujourd’hui.

Je vais tout de même au TNS pour travailler et rejoins Heidi et Julie au Quai de déchargement donner un coup de patte pour tendre les affiches imprimées ciel sur les cadres en bois.

Sébastien a vu un film dernièrement et certaines musiques lui plaisent beaucoup. Il me les fait écouter. Des guitares, de la réverbe, des infrabasses. C’est beau, il faut que Anne écoute ça.

 


Mardi 20 janvier.

Matin. Installation des affiches encadrées aux fenêtres de la salle avec Heidi, Julie et Roland. Installation également du renfoncement pour le hors scène à Cour que Heidi a construit : un renfoncement qui complète le praticable car celui-ci ne va pas jusqu’au mur. Nettoyage du plateau : nous enlevons le portant plein à craquer de costumes.

Après-midi. Je suis seule avec les comédiens. Heidi s’occupe des costumes et prend chaque comédien un par un.

C’est intense. L’optimisme ou l’inquiétude m’a fait faire un planning beaucoup trop ambitieux. Ce n’est pas grave, nous faisons ce que nous pouvons. Les comédiens aussi ont des suggestions, des envies de travailler certaines scènes. Nous prenons le temps, vraiment. Une heure par scène environ. C’est bien je trouve. De prendre le temps. En veillant à ne pas s’épuiser. A ne pas épuiser les comédiens. Je fais en fonction d’eux et essaye d’être au plus près de ce qu’ils ressentent/interrogent/questionnent/réussissent. La place derrière la table ne me convient pas alors je bouge incessamment. Je me déplace au gré des scènes et de leurs emplacements, j’ai besoin d’être en mouvement.

La vraie question est celle de l’énergie. Parfois il y a des sous-régimes, du coup la voix baisse, l’intensité/l’intention/le rythme/le rapport à l’Autre aussi. Alors on va repêcher l’énergie, on la relance, on reprend la scène.

Lors du passage des scènes, les autres comédiens interviennent parfois, font des remarques. J’ai le sentiment que nous avons bien travaillé ensemble aujourd’hui. Grande liberté aussi. Ceux qui veulent aller travailler dans une autre salle avant de passer au plateau le font. Ça roule bien, il y a une fluidité. Heidi et moi travaillons de concert, sans trop se voir mais efficacement.

Je m’aperçois que je n’ai pris qu’une petite pause en fin d’après-midi. Le temps est passé extrêmement vite. Maud et Blanche sont surprises aussi : vingt-heure déjà ! Je voulais finir vers dix-neuf heures trente.

Vingt et une heure. Dernière scène avec Julien et Norman.

J’aide Heidi à installer le portant de costumes, cette fois tous utiles, dans le hors champs.

Belle journée.


Mercredi 21 janvier.

Dix heures. Arrivée au TNS : Heidi, Julie et Sébastien montent la dernière fenêtre ainsi que le rideau noir en fond de scène. Même si ils n’ont pas besoin de mon aide, je reste dans la salle au cas où.

Onze heures. Arrivée de Anne. Check up du son avec Sébastien pour voir ce qu’il nous en reste. Nous revoyons les propositions scène par scène. Puis je rejoins Maud et Blanche qui souhaitent retravailler leur grande scène entre Nathalie et Clarisse. La ligne de force : l’éloignement, les diagonales dessinées au plateau. Après l’étreinte du début, ces deux femmes se croisent, ne cessent de se fuir, de se déchirer. C’est précisément cet éloignement que nous avons travaillé et comment celui-ci est nourri par une frontalité dans leurs rapports.

©Aurélie Droesch
©Aurélie Droesch

Quatorze heures. Point costumes. Nous regardons les costumes de chaque personnage Partie par Partie. Une ligne : six comédiens, six ensembles de costumes. Cela donne une idée plus précise de la composition et de la concordance entre les personnages. Les trois époques sont ainsi balayées.

Plateau. Première Partie. Reprise de la première scène après l’avoir bien travaillée hier. Il y a un souci avec le rythme. Je crois que c’est vraiment la scène la plus compliquée à aborder. D’abord parce que c’est la première de la pièce, ensuite parce qu’elle sous-entend un précédent entre les personnages. Précédent que nous ne connaissons pas ou plutôt, qu’il nous appartient de reconstituer. La scène a déjà commencé, à nous de sauter/plonger/s’engouffrer dedans. Il faut que Norman prenne plus son temps. Il est nécessaire de monter en intensité et ce de manière progressive. Si le rythme est rapide tout de suite, nous perdons le sens du propos.

Gros travail sur les autres scènes entre Norman et Julien. Tout est encore histoire de variations. C’est complexe notamment dans deux des scènes entre ces deux hommes où ceux-ci ont en charge des monologues assez denses. Tenter de faire surgir/ressurgir les articulations dans le sens. Anne souligne l’importance du souffle. Julien pose une question : Norman ne répond pas DONC on entre dans un second souffle qui permet de repartir et de poser plus tard une seconde, une troisième question.

 

 

Jeudi 22 janvier.

Matin. Travail avec Johanna sur les scènes au micro ainsi que sur la chanson Partygirl. Les deux scènes au micro sont vraiment belles. Johanna pose de belles choses, joue avec le rythme. Cela devient plus instinctif, de plus en plus juste. Les nuances entre les deux scènes (qui se suivent) apparaissent et la voix est plus posée/nuancée. L’idée est de bien penser à raconter le déroulé de l’histoire. La tension narrative, qui varie aussi entre les deux scènes, est particulièrement intéressante et de mieux en mieux maîtrisée. Ne pas oublier que ces scènes sont sur fond musical: une valse. Être sensible au rythme de la musique. Pour Partygirl, tout l’enjeu est celui de l’étrangeté. Que le spectateur se demande quel est donc cet objet/instant/moment. Beau et surprenant.

 

 

Vendredi 23 janvier. Travail à la table avec Julie et Sophie autour de la création lumière.

Comprendre/saisir les ambiances des scènes mais, avant tout, l’ambiance générale de la pièce. Définir les différents espaces. Cinq espaces principaux : deux hors champs, la chambre d’hôtel, l’appartement de Clarisse et Julien et celui de Clarisse et Jim tous deux en fond de scène, le plateau central avec notamment les scènes du café.

Ne pas forcément amener la lumière dans le sens du texte mais prendre aussi celui-ci à rebrousse-poil. Nous jouons sur le mélange des espaces, le brouillage des pistes au plateau : la lumière est là pour renforcer cette direction. Travailler aussi sur les nuances de blanc. Comme le dit Sophie, la lumière n’éclaire pas à proprement parler mais pose une atmosphère.

Après-midi, reprise de la Troisième Partie. Nous repassons les scènes dans l’ordre. Resserrer, resserrer, resserrer. Il s’agit de resserrer les scènes, de les densifier, de les complexifier aussi.

FILAGE

Je suis heureuse de voir Dominique joyeuse. Il reste du travail mais cela vient. Ce soir le filage manque de vis, de boulons, de substance. C’est rapide et quelque peu dispersé. Ce n’est pas le bon tempo. Le moment charnière arrive avec la fameuse grande scène entre Nathalie et Clarisse. A partir de ce moment, les choses redémarrent et une nouvelles énergie se gagne, se propage chez les comédiens. C’est alors beaucoup mieux.

Vingt deux heures trente. Pas le temps/l’énergie pour des retours. L’envie de chacun n’est ciblée que sur une seule chose. Fraîche, déshydratante, agréable et efficace.

UNE BIÈRE.

 

 

Aurélie Droesch

Assistante à la m-e-s

 

 


QUATRIÈME SEMAINE : du 26 au 30 janvier 2015


Lundi 26 janvier.

Matin. Court passage auprès de Johanna dans la salle pour travailler Partygirl. Discussion autour de la partition, de ce que cela raconte. Nous convenons du fait qu’il faut d’abord travailler les paroles et cette idée de la seconde voix avant d’approfondir le parcours au plateau. Il est absolument nécessaire que Johanna se sente à l’aise en termes de voix, de ton pour acquérir une plus grande liberté pour après.

Quatorze heures trente. Quelques retours faits aux comédiens suite au filage de vendredi. Retours uniquement sur la Troisième Partie car c’est celle que nous travaillons cet après-midi. Reprise de la transition entre la Deuxième et la Troisième Partie. Affinage des changements de costumes en musique. Les scènes de Julien au balcon. Nils et Lucas.

Nous rentrons dans la phase complexe des répétitions : celle où les scènes sont là, sont sensibles/perceptibles/présentes en substance mais où les marques deviennent prégnantes/enfermantes, les sentiers sont balisés mais les émotions se perdent … Alors il faut retrouver. Les enjeux de la scène, ce que les personnages se disent. Retrouver la tension originelle de la scène, de la relation.

C’est le cas pour la scène de la mort de Jim. Aujourd’hui, celui-ci est un petit peu mécanique, les phrases s’enchaînent et se ressemblent.

RETROUVER

la fatigue de Jim. Sa douleur psychologique/physique/quotidienne.

Quel drôle de personnage que ce Jim. Il n’est pas le jeune homme peu malin et manipulable que j’imaginais à ma première lecture. C’est un homme utilisé/blessé/cassé par Clarisse, mais aussi cassé par son travail, son quotidien. « Cela te rend triste ? » demande le Garçon à l’imperméable, « Cela me fatigue » répond Jim.

Il meurt fatigué, épuisé, dans un soulagement ultime. Romain est parvenu, au fil des semaines, à lui donner de l’épaisseur.

Vingt heures. Pendant que Julie et Sophie s’occupent de la création lumière au plateau de la Petite Scène, je monte avec Adrien, Johanna, Maud et Blanche dans une autre salle. Anne nous rejoint. Nous travaillons d’abord les deux scènes entre Julien et Clarisse dans la chambre d’hôtel puis les deux dernières scènes de la pièce. Celles entre Lucie et Nathalie.

Maud demande que l’on se reparle des scènes. Que l’on repose le contexte, que l’on se redise ce qu’il se joue entre les personnages de Lucie et Nathalie. A nouveau, retrouver.

Pour réajuster le tir, se remettre sur les rails. Précision et justesse. Nous avançons pas à pas dans les scènes, parfois phrase par phrase pour se re-situer. Les deux dernières scènes de la pièce sont celles que nous avons le moins travaillé. Nous prenons le temps de trouver l’état de ces deux femmes.

Dans la petite salle où nous sommes, les déplacements ne sont pas les bons, le son est trop faible dans les dialogues mais peut importe. L’essentiel était de trouver le bon rapport : à soi et à l’Autre. C’est fait je crois. Nous pourrons alors éprouver ces scènes au plateau.

A suivre.

 

 

Mardi 27 janvier et mercredi 28 janvier. Lumières avec Julie.

Les comédiens sont au plateau toute l’après-midi et marquent leurs positions, leurs déplacements. Il s’agit de trouver le bon éclairage, la bonne lumière pour signifier l’atmosphère et l’ambiance des scènes.

Ce sont des moments importants même si je me sens quelque peu démunie. Je crois que la sensibilité à la lumière est vraiment quelque chose qu’il faut que je travaille. Je suis beaucoup plus réceptive au son qu’à la lumière. Julie me sollicite aussi, me demande mon avis, nous en discutons. Formidable : je suis obligée de m’y confronter, de voir, de percevoir les différences/nuances.

Couleur, chaleur, intensité, fondus. Je suis attentive aux variations, j’aiguise mon œil.

Mercredi soir. Filage. Impératif de réinjecter de la pensée, du risque, de la densité entre les personnages. C’est en force et trop rapide aussi. Mais rien d’alarmant : les comédiens viennent d’enchaîner une après-midi complète de raccords lumière. C’est épuisant pour tout le monde et c’est beaucoup leur demander.

 

 

Jeudi 29 janvier.

Matin. Maud, Johanna et moi. Travail des deux dernières scènes de la pièce et de la chanson Partygirl. Complexes, ces deux dernières scènes. Elles clôturent la pièce et c’est un virage qu’il faut bien négocier.

Un an plus tard. C’est le récit de Nathalie de la mort de son fils, Nils. Cette femme est absolument détruite et, tout en même temps, d’une force incroyable dans sa parole. C’est la confrontation de l’accablement et de la force : comment Nathalie est empreinte de son ascension sociale, de son inébranlable volonté de puissance. Comme le dit Anne, Nathalie est définitivement du côté de la vie. D’ailleurs, quelques mois plus tard, dans la scène suivante, celle-ci propose à Lucie enceinte d’appeler son enfant Nils. Pour recommencer, pour conjurer le sort ou tout simplement pour tenter de réécrire une histoire plus belle. De redonner vie. Là encore, il s’agit de trouver les nuances du discours. Travail sur les blocs de pensées et leurs articulations. Et puis, c’est aussi retrouver le sens de ce que Nathalie et Lucie font au plateau. Les déplacements, les intentions. Simplement retrouver l’essence, l’impulsion. Car le piège dans lequel les comédiens tombent, c’est celui de marcher dans leurs pas, dans leurs marques. Pour finalement en perdre le sens.

Avec Nathalie et Lucie, nous l’avons retrouvé. Le sens.

Puis nous travaillons une bonne heure avec Johanna sur sa chanson. Nous inventons une partition pour une deuxième voix, qui vient se superposer à la voix principale (celle de la chanteuse). Le parti pris est radical, je lui propose de parler les mots sur le refrain, de les jouer. Ne pas faire un karaoké mais trouver le parcours de Johanna.

Treize heures. Nous repassons la chanson une dernière fois. C’est encore frais, cela vient tout juste d’être trouvé. Nous verrons ce qu’en pense Anne.

Quatorze heures. On repasse toute la pièce avec des arrêts. La première scène de la Première Partie devient de plus en plus puissante. Rémi tente autre chose, dessine Norman au fusain. Ce personnage et cette première scène en deviennent profondément drôles. C’est beau car à travers le rire se glisse tout le malheur et l’angoisse de ce jeune homme. Adrien est d’ailleurs surpris par la proposition de Rémi et se retient difficilement de sourire.

Bien. La scène prend une autre teneur, s’engage sur une piste transversale et gagne en énergie, en rythme. Cela permet de lancer la pièce. Nous en arrivons à la chanson de Johanna mais notre proposition ne convient pas à Anne. Nous revenons donc à la première version : elle chante la même chanson, sur le même ton avec seulement quelques variations à certains moments.


©Aurélie Droesch
©Aurélie Droesch


Vendredi 30 janvier. Le sable, enfin ! Quelle joie.

J’arrive à quatorze heures et le sable a été posé sur le plateau ce matin par Heidi, aidé de Bernard et des trois comédiens. Cela change tout. Nous sommes d’accord avec Anne pour dire que le sable est un petit peu trop clair mais il nous reste trois sacs de sable noir que nous allons rajouter. De plus, les régies ont été déplacées ce matin. Elles sont désormais sous le balcon et les deux rangées de chaises pour le public sont installées. L’accès au plateau est ritualisé : bien s’essuyer les chaussures en sortant de la salle pour ne pas ensabler les couloirs de l’école !…

Premier filage à quatorze heures trente. C’est VRAIMENT très bien. La gestion du rythme, du temps, la précision, le rapport entre les personnages au plus juste.

ILS PARLENT ENSEMBLE

Je sens l’empreinte des années, le déroulement de la pièce, le passage des évènements sur les corps et les esprits des personnages.

Cela me met en joie. Anne aussi. D’ailleurs, nous nous tournons souvent l’une vers l’autre pour échanger un regard, un sourire. Les comédiens sont au bon endroit et nous avec eux.

Bien entendu, il reste des choses à revoir. Techniquement avec les régisseurs aussi dans les enchaînements de lumière, les transitions sonores. Mais la pièce est là.

Vingt heures. Dernier filage de la journée et de la semaine. Quelques personnes viennent y assister. C’est bien, cela met de l’enjeu et un petit peu de pression. Il y a bien longtemps que Anne, Julie, Heidi, Sébastien et moi ne sommes plus une source de stress !

Eprouver la matière une dernière fois avant le week-end. Quelques retours avant de partir.

Lundi le tournage démarre. Une aventure transversale.

 

Fatigue fatigue fatigue fatigue fatigue fatigue fatigue fatigue fatigue fatigue fatigue fatigue fatigue.




Aurélie Droesch

Assistante à la m-e-s

 

 


RÉPÉTITIONS : du 5 janvier au 6 février 2015

 

Le Blog des créations : L'équipe artistique poste chaque semaine des billets, des photos... pour dire où en est la création, les avancées, les tentatives, les doutes...

 

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